Un Canadien arrêté dans l’affaire présumée du botnet Kimwolf, alors que les États-Unis et le Canada portent plainte

Les autorités canadiennes ont arrêté un homme de 23 ans originaire d’Ottawa, accusé d’avoir contribué à gérer Kimwolf, un botnet d’objets connectés en pleine expansion lié à des attaques par déni de s...

Les autorités canadiennes ont arrêté un homme de 23 ans originaire d’Ottawa, accusé d’avoir contribué à gérer Kimwolf, un botnet d’objets connectés en pleine expansion lié à des attaques par déni de service distribué de grande ampleur au cours des six derniers mois. Les procureurs américains ont également rendu publique une plainte pénale liée à la même affaire, ce qui expose le suspect à des poursuites dans les deux pays.

L’homme, identifié dans les documents judiciaires comme Jacob Butler et connu en ligne sous le pseudonyme « Dort », a été placé en détention par la Police provinciale de l’Ontario en vertu d’un mandat d’extradition américain. Il reste détenu au Canada dans l’attente d’une première audience prévue la semaine prochaine.

Le botnet aurait exploité des appareils connectés

Selon le ministère américain de la Justice, Kimwolf a infecté des appareils que l’on supposait souvent isolés derrière des pare-feu, notamment des cadres photo numériques et des caméras connectées à Internet. Les enquêteurs affirment que les systèmes compromis ont ensuite été utilisés pour lancer d’importantes attaques DDoS ou loués à d’autres criminels. Le gouvernement a indiqué que certaines attaques avaient atteint près de 30 térabits par seconde et causé des pertes financières qui, dans certains cas, dépassaient un million de dollars.

Les autorités ont également déclaré que le botnet avait émis plus de 25 000 commandes d’attaque et avait été utilisé dans des opérations visant des plages d’adresses Internet associées au ministère de la Défense. Le Defense Criminal Investigative Service et le bureau du FBI à Anchorage prêtent leur concours à l’enquête.

Identification publique antérieure et accusations de harcèlement

Le suspect avait été identifié publiquement plus tôt cette année par KrebsOnSecurity, à la suite d’une enquête portant sur des adresses e-mail, des comptes de forums et des messages publiés sur des plateformes de discussion publiques. Après cette identification, le suspect aurait mené des campagnes de harcèlement, notamment des menaces, des opérations de divulgation d’informations personnelles et des canulars d’intervention policière visant des chercheurs et le fondateur d’une start-up de sécurité.

L’une des entreprises remerciées par les enquêteurs fédéraux, Synthient, avait contribué à corriger une vulnérabilité dont Kimwolf aurait tiré parti pour se propager plus rapidement. Le fondateur de l’entreprise, Ben Brundage, a déclaré qu’il était soulagé d’apprendre l’arrestation.

Au Canada, Butler fait face à des accusations comprenant l’utilisation non autorisée d’un ordinateur, la possession d’un dispositif utilisé pour obtenir un accès non autorisé ou commettre des méfaits, ainsi que des méfaits liés à l’informatique. Aux États-Unis, il est accusé d’avoir aidé et encouragé une intrusion informatique. S’il est extradé et reconnu coupable par un tribunal américain, il pourrait être condamné à une peine maximale de 10 ans de prison, même si toute peine serait déterminée conformément aux lignes directrices fédérales.