Google affirme que la Russie recentre ses campagnes d’influence sur les États-Unis et l’Europe

Selon un nouveau rapport de Google Threat Intelligence, les activités d’influence russes délaissent progressivement leur priorité quasi exclusive accordée à l’Ukraine pour se tourner de nouveau vers l...

Selon un nouveau rapport de Google Threat Intelligence, les activités d’influence russes délaissent progressivement leur priorité quasi exclusive accordée à l’Ukraine pour se tourner de nouveau vers les États-Unis et l’Europe. Les chercheurs estiment que ce changement pourrait indiquer que Moscou se prépare à intensifier ses opérations visant à alimenter l’instabilité politique, affaiblir les alliances et saper la confiance du public dans les institutions occidentales.

Les analystes de Google James Sadowski et Alden Wahlstrom ont déclaré que cette tendance était notable, car elle témoigne d’un retour plus large vers les cibles traditionnelles de la Russie, notamment l’Union européenne et l’OTAN. Le rapport décrit un environnement de campagne combinant propagande, opérations clandestines en ligne et cyberattaques conçues pour amplifier les récits du Kremlin tout en masquant l’origine des activités.

Selon les chercheurs, la guerre en Ukraine a également servi de terrain d’expérimentation pour les tactiques d’influence russes. Ils affirment que les acteurs pro-russes sont devenus plus sophistiqués dans la planification de leurs opérations, la collecte de renseignements et la production de contenus, l’intelligence artificielle étant de plus en plus utilisée pour rationaliser ces efforts. Cela inclut le recours à l’IA pour la reconnaissance, la rédaction de contenus et le soutien à la logistique des campagnes.

Principaux objectifs des campagnes

Google affirme que l’écosystème d’influence au sens large repose sur plusieurs objectifs récurrents :

  • affaiblir les systèmes démocratiques et la confiance dans les institutions
  • diviser les alliances et coalitions occidentales
  • promouvoir l’image et les intérêts stratégiques de la Russie à l’étranger
  • préserver la stabilité intérieure en Russie
  • réprimer la dissidence politique

Le rapport souligne que ces campagnes n’apparaissent souvent pas de manière isolée. Elles peuvent être associées à des logiciels malveillants destructeurs, à des opérations de piratage et de divulgation ou à du cyberespionnage, ce qui complique la distinction entre les opérations de communication et les activités de piratage plus traditionnelles pour les défenseurs. La propagande d’État russe, les activités de renseignement, les groupes hacktivistes et les acteurs agissant par procuration peuvent également se recouper, ce qui complique l’attribution et permet au Kremlin de conserver une dénégation plausible.

Les chercheurs ont averti qu’à mesure que la Russie cherche à réaffirmer son influence sur la scène internationale, les défenseurs doivent s’attendre à ce que son appareil d’influence reste actif et adaptable. Ils ont déclaré que comprendre le fonctionnement de ce système était essentiel pour anticiper les futures opérations visant les cibles politiques et sécuritaires occidentales.